Témoignages



Témoignage de Jean-Louis Ferrier (historien de l’Art et auteur de L’Aventure de l’Art du XIXe siècle et du XXe siècle).

« La nature a longtemps effrayé les hommes : les artistes de la Renaissance l’enfermaient dans l’appareil contraignant de la perspective, les romantiques n’y voyaient que tourments. Jusqu’à l’école de Barbizon et à l’impressionnisme, que Picasso considérait comme une peinture de promeneurs. Lorsque, vers 1850, en effet, le chemin de fer mit la forêt de Fontainebleau à une heure et demi de Paris , naquit la double mode des promenades sylvestres et des déjeuners sur l’herbe.

Colin aussi est un promeneur. Son domaine pictural est la forêt et ses arbres. Mais ses tableaux ne sont pas impressionnistes et, même, ils sont tout le contraire. Ils reçoivent plus qu’ils ne perçoivent : ce ne sont pas seulement ceux d’un œil mais d’un corps tout entier. Cela est sensible partout dans son œuvre. Les impressionnistes, on le sait, aimaient les mille reflets de la lumière sur les amples frondaisons, le plein soleil, le plein air. Lui affectionne surtout l’humidité, pas seulement celle des bords de rivière jonchés de branchages et de nénuphars, mais celle des arbres eux-mêmes gorgés d’eau. Un arbre – une plante – est une machinerie fabuleuse qui tire son énergie vitale du terrain dans lequel elle plonge ses racines, fait monter les sèves jusqu’à son sommet. Ce sont cette énergie et ces sèves que donne à voir – et à sentir – l’œuvre de Colin. Elle les constitue en style. J’en veux pour preuve son espace et ses couleurs.

Son espace pour commencer. Il n’existe plus dans les toiles de l’artiste, à l’inverse de celles de la Renaissance, de perspectives à proprement parler, mais des forces, des masses. La lumière éblouit, se voit de loin. L’humidité transperce, s’éprouve de près… Tout ici est proximité. Des couleurs ensuite. Jaunes, rouges, verts… superbement saturées, moins Newtoniens que Bachelardiens, celles des taillis, des fougères, des lichens.

C’est peut-être ce qu’il y a de plus remarquable dans la peinture de Colin. Une toile, puis une deuxième, puis une troisième… Et soudain une évidence hygrométrique : rien ne miroite ni ne palpite, mais tout tire et vous attire. Ce promeneur ne vous fait pas voir seulement, il vous dissout dans le paysage et vous sature. Saturation du printemps lorsque les couleurs de ses tableaux sont tendres ; saturation de l ‘été avec ses duretés ; saturation de l’automne, plus rude encore. Hiver exclu, ce qui est grandement significatif : les ramures ne retiennent guère Colin, car il n’y a plus que sècheresse dans les branches et les troncs dénudés. »



Témoignage de Viviane Hauquelin, amatrice d’art contemporain. 

« Rentrez pas à pas dans la forêt qu’offre à votre regard Siméon Colin. Laissez vous envahir peu à peu par le silence qui s’en dégage, si loin des bruits de la capitale, si loin de cette tyrannie sonore dans laquelle vous baignez de façon permanente aujourd’hui. 

Essayez doucement de pénétrer dans son monde où la réalité devient poésie graphique et laissez vous porter par cette étrange paix qui émane de ses arbres puissants, silencieux. Laissez votre regard se reposer en cheminant le long de ces branches baignées de soleil, de lumière et d’ombre ou ployant sous la neige.

Ne craignez pas de vous attarder dans les recoins d’ombre plus inquiétants, où le silence se fait plus lourd, plus pesant.

N’hésitez pas enfin à vous laisser emporter par ses « branches-oiseaux » si étranges, qui semblent tout à coup prendre vie sous votre regard et vous entraîne vers un monde imaginaire et fantastique. »



Témoignage de P.L.C. 

« Puisque tout a été subverti, même la subversion, Siméon Colin est revenu à l’expression la plus simple : le dessin en noir et blanc.

Avec son crayon, son fusain, ou son porte plume, il nous emmène dans les forêts, lieux primaires de nos sensibilités et de notre imagination. Là, ses arbres nous donnent à entendre les lourds murmures des branches qui se penchent sous le vent, leur robustesse face aux années qui passent, et les bruissements, de leurs feuilles sous nos pas.

Sans artifice et sans discours, Colin réinvente des émotions que l’on croyait enfuies, ou simplement interdites : celles du dessin, comme art majeur. »



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